Voltaire, viol, violence

  Comme tout le monde, vous avez lu Candide. Ou plutôt, vous croyez l’avoir lu. Au lycée, votre professeur de français vous a expliqué que le plus célèbre des contes de Voltaire, dont le titre complet est Candide ou l’Optimisme (1759), constitue une critique virulente de l’optimisme philosophique. Vous avez suivi Candide dans son périple … Voir la suiteVoltaire, viol, violence

Malraux et l’idée de l’art

On connaît Malraux comme romancier ; comme homme d’action : chasseur d’aventures insolites[1] dans sa jeunesse (il y a un côté Hemingway, Saint Exupéry, du personnage), colonel dans l’aviation durant la guerre d’Espagne souvent photographié par G. Freund dans cet uniforme, résistant, puis ministre de la culture sous de Gaulle[2] ; on connaît souvent ses discours … Voir la suiteMalraux et l’idée de l’art

De La Jeune Parque à l’Album de vers anciens et vice-versa

De la source [1] au commencement Dans le premier temps de mon propos, il s’agira de répondre à la question que Valéry s’est posée quand il commence La Jeune Parque en 1912-1913 : de quoi partir ou encore comment commencer ? Dans le second, d’appréhender le va et vient (abandons, modifications) entre l’Album de vers … Voir la suiteDe La Jeune Parque à l’Album de vers anciens et vice-versa

Le dionysisme dans la Naissance de la Tragédie

Dans la Naissance de la Tragédie, Nietzsche célèbre, autour de Dionysos le mystère de l’unité primitive, l’évangile de l’harmonie universelle, dans ce retour à l’originaire, toutes les différences s’abolissent. Tous sont dieux, confondus dans un sentiment panique. L’individu dans sa particularité est aboli ! Toutes les chaînes tombent, mais c’est pour atteindre une existence transfigurée. Le … Voir la suiteLe dionysisme dans la Naissance de la Tragédie

Attendre soi

Vladimir. — Qu’est-ce qu’on fait maintenant ? Estragon. — On attend. Vladimir. — Oui, mais en attendant. Beckett. L’intérêt que Valéry a porté à la notion d’attente n’est plus à souligner[1]. Le plus souvent couplée de façon antinomique avec celle de surprise, elle est aussi mise en rapport avec la mémoire, l’attention, le temps, etc. Je voudrais ici, d’une façon plus circonscrite, … Voir la suiteAttendre soi

Valéry et ses amis philosophes : Gustave Fourment, Eugène Kolbassine

Deux personnes ont joué, dans la vie de Valéry aux alentours de 1894, un rôle important : Gustave Fourment et Eugène Kolbassine. Ces deux individus n’avaient en commun qu’une seule chose : être des philosophes, plus précisément des enseignants de philosophie. Tout, par ailleurs, les opposait : leur origine et surtout leur tempérament. L’influence qu’ils exercèrent … Voir la suiteValéry et ses amis philosophes : Gustave Fourment, Eugène Kolbassine

Les brûlures du silence chez Simone Weil et Albert Camus

Une iconographie devenue légendaire peut nous faire comparer la photo de Simone Weil avec sa pèlerine, son béret et ses sandales avec celle d’Albert Camus vêtu de son imperméable Burberrys à la Humphrey Bogart. D’un côté, on dirait une recrue de l’abbé Pierre pour Emmaüs ; de l’autre, un acteur invité au festival de Cannes. … Voir la suiteLes brûlures du silence chez Simone Weil et Albert Camus

Prométhée et Œdipe, doubles de Nietzsche

Nietzsche, en recherchant la vignette que Wagner désirait placer en frontispice à son autobiographie, (« un vautour, pas un aigle » avait recommandé le Maître) l’avait aidé à rendre un habile et discret hommage à son père méconnu. Nous ne sommes pas sans nous rappeler cet épisode, quand, à son tour Nietzsche se préoccupe de la vignette … Voir la suiteProméthée et Œdipe, doubles de Nietzsche

Nietzsche et le Vautour (Wagner)

 En ces temps heureux, Nietzsche, jeune professeur enseignant la philologie à Bâle, a le grand bonheur d’aller souvent comme invité près de Lucerne où s’est réfugié le couple Wagner-Cosima. Il a accepté avec joie d’être le commissionnaire empressé de Bâle à Tribschen et de corriger les épreuves de l’autobiographie du maître que Cosima, vouée elle … Voir la suiteNietzsche et le Vautour (Wagner)

Naissance du couple Apollon-Dionysos chez Nietzsche

La prodigieuse rencontre qui s’est faite aux premiers moments de la réflexion nietzschéenne entre, d’une part la philologie grecque et, d’autre part, la musique de Wagner a engendré le couple Apollon-Dionysos. D’un côté, les études grecques, la vocation philologique, la « profession » philologique, devrait-on dire, car il y a là le sérieux professionnel, le sérieux scientifique, le sens historique, qui, … Voir la suiteNaissance du couple Apollon-Dionysos chez Nietzsche

Simone Weil et la lecture non-sacrificielle de la Bible

Le sacrifice est au cœur même du christianisme. L’étymologie du mot l’installe incontestablement dans le domaine religieux puisqu’il s’agit de « faire du sacré ». Il est en même temps indissociable d’une violence exercée sur une victime, fût-ce soi-même. Le sacrifice suggère des privations, des offrandes, des immolations. Et s’il est toujours lié à une forme de … Voir la suiteSimone Weil et la lecture non-sacrificielle de la Bible

Simone Weil et Bergson

Vraiment très contemporains, puisqu’ils meurent à deux années d’intervalle, en 1941 et en 1943, Bergson et Simone Weil ne semblent pas du tout avoir vécu le même temps. Et pourtant jamais deux esprits n’auraient pu être plus proches Tous deux, formés à la philosophie française dans les meilleures institutions et par les plus grands maîtres, … Voir la suiteSimone Weil et Bergson

L’autre côté du ciel

« Tous les hommes se font une notion des dieux et tous en tant qu’ils sont, Grecs ou Barbares, qui croient en l’existence des dieux, s’accordent à localiser la divinité dans la région la plus haute, rattachant à l’immortel (le ciel incorruptible) ce qui est immortel et regardant toute autre supposition comme inadmissible.» Aristote, De Caelo, … Voir la suiteL’autre côté du ciel

Les cris de l’âme

Dans cet immense chantier, désormais à notre portée, par la publication achevée des dix-huit Cahiers, dans cette masse d’écrits, aux registres les plus divers, une énigme va retenir notre attention, l’énigme qui obsède Simone Weil, hantée par l’apparente indifférence de Dieu aux souffrances humaines et l’éternel silence qui succède aux cris les plus déchirants. Dans … Voir la suiteLes cris de l’âme

L’éducation à la perfection

La pensée de Simone Weil, dans sa grande rigueur, fait se conjoindre une extrême humilité qui va jusqu’à intégrer certaines aspirations à l’humiliation et une complète assurance qui l’entraîne souvent à des formulations péremptoires. Sa conception de l’éducation est un terrain particulièrement favorable pour voir à l’œuvre ces deux tendances Cette conception, nous avons décidé … Voir la suiteL’éducation à la perfection