Narcissus Poeticus

NARCISSUS POETICUS[1] C’est le faire qui est l’ouvrage, l’objet, à mes yeux, capital, puisque la chose faite n’est plus que l’œuvre d’autrui. Cela est du Narcisse tout pur. (C, XII, 657) Nous voici justifiés. Une recherche sur la genèse du texte valéryen, sur sa production (le faire), passe nécessairement par Narcisse, par cette aperception de soi … Voir la suiteNarcissus Poeticus

Valéry et les mots

« Ma plus grande distraction fut de parler, faire des mots — à 6 ans »[0] La conception valéryenne du mot, nous semble proche, au moins au départ, de la position mallarméenne, telle qu’elle est exprimée dans « L’Essai sur Mallarmé » (voir Cahiers, II, 275 sq.), contemporain du cahier Tabulae, datant donc de 1897-1899. … Voir la suiteValéry et les mots

Sentir, imaginer, abstraire : éléments d’une théorie de la connaissance dans les premiers Cahiers de Paul Valéry

Les Cahiers de Valéry commencent en 1894 pour s’achever à la veille de sa mort, en 1945. L’importance de l’œuvre (29 tomes d’environ 1 000 pages chacun, éd. CNRS) n’est plus à démontrer. Jamais interrompus, ils portent témoignage de la réflexion permanente d’un esprit désireux de saisir les mécanismes de son propre fonctionnement. Considérés par … Voir la suiteSentir, imaginer, abstraire : éléments d’une théorie de la connaissance dans les premiers Cahiers de Paul Valéry

Valéry, Wittgenstein et la philosophie

« Je substituerais à toute la « philosophie » une recherche sur le langage ». Valéry, Cahiers XXVI. 627. « En lieu et place de la turbulence des hypothèses et des explications, nous voulons instaurer le calme examen des faits de langage ». Wittgenstein, Fiches, § 447. Je voudrais essayer de tenter un parallèle entre deux auteurs contemporains qui, sans être connus, paraissent avoir … Voir la suiteValéry, Wittgenstein et la philosophie

La jeune Parque :« Mon drame lyrique »

LA  JEUNE  PARQUE : « MON  DRAME  LYRIQUE »[1] « J’avoue que je n’ai qu’un seul divertissement très pur. C’est les gens qui ne comprennent pas, et qui me le disent avec une franchise telle que j’ai envie de faire ce qu’il ne faut pas faire : manger le morceau. » (Corr. G/V, p. 447) . Ces quelques lignes mises en épigraphe – … Voir la suiteLa jeune Parque :« Mon drame lyrique »

« Si l’esthétique pouvait être … »

« Les centenaires amusent le public. » Valéry[1] Secoué par les cahots du train, l’ami de M. Teste songeait. Il songeait à Paris, ce creuset où fermentent les propos les plus divers : discours, conversations, éloges déguisés et critiques, prédictions et exorcismes. Dans ce gouffre s’agite une société de démons : les Intellectuels[2]. Parmi eux, il en est de … Voir la suite« Si l’esthétique pouvait être … »

Prendre conscience, perdre conscience

Je ne peux me garder, en écrivant ce texte, de l’impression qu’il est difficile aujourd’hui pour les commentateurs de dire quelque chose d’original sur Valéry. Tant de choses ont été écrites – mais elles sont méconnues ou oubliées – que nous ne faisons, comme disait Montaigne, que de nous entregloser. Et pourtant, bien qu’extrêmement répétitif, … Voir la suitePrendre conscience, perdre conscience

Le chef d’orchestre danubien furibond et Monsir Falerië

Valéry a opposé à l’effet-Nietzsche une forte résistance ironique. Dans les notes qui le concernent, il en fait le curieux « mélange d’un pasteur, d’un doukhobor (c’est-à-dire le spectateur d’une spiritualité russe dissidente de l’église officielle) et d’un fou slave »[1]. Lors d’un dîner de têtes auquel Valéry aura convié les philosophes, il les décrit ainsi : « L’un … Voir la suiteLe chef d’orchestre danubien furibond et Monsir Falerië

« Ce qui m’intéresse le plus n’est pas du tout ce qui m’importe le plus » (OE, II, 1521).

Rien d’étonnant, de prime abord, dans cette confidence pour qui connaît la pensée valéryenne : distinction entre ce qui est l’objet d’une séduction, intérêt souvent ponctuel et, comme tel, susceptible de s’évanouir, et ce qui a fait l’objet de recherches constantes, « travail de Pénélope » (C, XII, 606) centré sur la volonté de comprendre ce qu’il en … Voir la suite« Ce qui m’intéresse le plus n’est pas du tout ce qui m’importe le plus » (OE, II, 1521).

Le phénomène dionysiaque et l’art tragique : Hamlet

Toute ivresse n’est pas dionysiaque. Un des premiers effets de l’ivresse dionysiaque est de rompre le cours ordinaire du raisonnement et de changer l’aspect extérieur des choses. A vrai dire quand Nietzsche parle de cette rupture dans le cours ordinaire des choses, il se réfère à Schopenhauer décrivant la terreur qui saisit l’homme quand l’explication … Voir la suiteLe phénomène dionysiaque et l’art tragique : Hamlet

Étude génétique des dossiers concernant le rêve et le sommeil

Après avoir traité du problème de l’attention et de celui du temps, il nous a semblé pertinent, toujours dans la perspective qui est la nôtre, – à savoir celle d’une étude génétique des documents valéryens qui appartiennent approximativement aux années 1906-1911, – d’aborder les thématiques qui gravitent autour du rêve et du sommeil. Cet ensemble … Voir la suiteÉtude génétique des dossiers concernant le rêve et le sommeil

« Du divin et des dieux », Recherches sur le Peri tôn tou theou, Franz Johansson et al., Peter Lang éd., Frankfurt am Main, 2014

Ce n’est peut-être pas par hasard que le dessin de Valéry au bord de l’élégante couverture de l’ouvrage intitulé « Du divin et des dieux », Recherches sur le Peri tôn tou theou de Paul Valéry donne à voir un paysage à la Chirico qu’un œil, sur la gauche, regarde de biais. Car le dossier, dont … Voir la suite« Du divin et des dieux », Recherches sur le Peri tôn tou theou, Franz Johansson et al., Peter Lang éd., Frankfurt am Main, 2014

Nietzsche et Wagner

Wagner a été la passion exclusive et dévorante de Nietzsche. Son formidable effort pour faire de lui un adversaire, c’était pour pouvoir naître à lui-même, récupérer son âme et son corps ravis par le Minotaure. A cet égard, la figure énigmatique d’Ariane, apparue à plusieurs reprises dans les posthumes, toujours liée à Dionysos défie les interprétations. … Voir la suiteNietzsche et Wagner

Pourquoi Baubô a-t-elle fait rire Déméter ?

C’est Nietzsche qui m’a fait rencontrer Baubô. Il en a parlé une seule fois, à la fin de la préface composée en 1886 pour la deuxième édition du Gai Savoir. Mais quand il rassembla les pièces du dossier Nietzsche contre Wagner, le dernier ouvrage dont il aura préparé la parution, il prélèvera ce même passage … Voir la suitePourquoi Baubô a-t-elle fait rire Déméter ?

L’animal à énigmes

Le premier souci de Nietzsche a été généalogique. Il commence sa réflexion philosophique par des problèmes de naissance. Il ouvre la Naissance de la Tragédie sur la promesse d’un progrès décisif en esthétique permis par « l’intuition que l’évolution de l’art est liée à la dualité complice de l’apollinien et du dionysiaque », insistant et précisant aussitôt … Voir la suiteL’animal à énigmes

Nietzsche et la pensée du Double

Toute la pensée de Nietzsche tourne autour du double. Toujours vient s’insinuer ce Même qui est l’Autre, cet Autre qui est le Même, ce moment de vertige qui saisit quand on est au plus près de l’insondable différence, de cet écart irréductible de la non-coïncidence, de l’imperceptible décalage. Zarathoustra, c’est surtout le double de Nietzsche, … Voir la suiteNietzsche et la pensée du Double

L’éternel retour

Si nous exceptons une obscure allusion faite dans La Naissance de la Tragédie, à la résurrection d’un troisième Dionysos[1], si nous remarquons combien l’étrange double effet d’horreur et de joie mêlées, ressenti par Héraclite à la révélation du devenir éternel[2] anticipe d’étonnante façon l’effet que provoquera sur Zarathoustra, la révélation de l’Éternel Retour, il nous … Voir la suiteL’éternel retour

Nietzsche et les femmes

Les demandes en mariage de Nietzsche sont particulières. On en connaît au moins deux. Elles ont en commun d’être adressées à des étrangères, en l’occurrence de jeunes russes, d’être tout à fait soudaines et curieusement médiatisées par un tiers, lui-même amoureux de la jeune fille, de s’accompagner d’enthousiasmes poétiques et d’être refusées sans causer beaucoup … Voir la suiteNietzsche et les femmes

Nietzsche entre le satyre et Socrate

Nietzsche au commencement de son œuvre est pris entre deux figures inversées, – deux images – spectacles, deux « visions » que suscite en lui le dieu visionnaire Apollon sous l’emprise de l’ivresse dionysiaque : entre l’image du « satyre », pur débordement de sensibilité, de sensualité, de l’homme en plein accord avec ses instincts – être purement « démonique », bête … Voir la suiteNietzsche entre le satyre et Socrate