Le chef d’orchestre danubien furibond et Monsir Falerië

Valéry a opposé à l’effet-Nietzsche une forte résistance ironique. Dans les notes qui le concernent, il en fait le curieux « mélange d’un pasteur, d’un doukhobor (c’est-à-dire le spectateur d’une spiritualité russe dissidente de l’église officielle) et d’un fou slave »[1]. Lors d’un dîner de têtes auquel Valéry aura convié les philosophes, il les décrit ainsi : « L’un … Voir la suiteLe chef d’orchestre danubien furibond et Monsir Falerië

L’architecte assassiné ou la coquille du philosophe

Ils ont oublié le grand malheur de ne pas comprendre ou la joie inverse (C,I, 10). Quelques mots d’abord sur ce titre qui pourrait paraître à la fois cruel (pour l’architecte) et frileux (pour le philosophe). Il fait allusion à cette réplique de Phèdre à Socrate dans Eupalinos (Socrate vient de raconter que son âme adolescente hésitait entre … Voir la suiteL’architecte assassiné ou la coquille du philosophe

Le phénomène dionysiaque et l’art tragique : Hamlet

Toute ivresse n’est pas dionysiaque. Un des premiers effets de l’ivresse dionysiaque est de rompre le cours ordinaire du raisonnement et de changer l’aspect extérieur des choses. A vrai dire quand Nietzsche parle de cette rupture dans le cours ordinaire des choses, il se réfère à Schopenhauer décrivant la terreur qui saisit l’homme quand l’explication … Voir la suiteLe phénomène dionysiaque et l’art tragique : Hamlet

Narcissus Poeticus

NARCISSUS POETICUS[1] C’est le faire qui est l’ouvrage, l’objet, à mes yeux, capital, puisque la chose faite n’est plus que l’œuvre d’autrui. Cela est du Narcisse tout pur. (C, XII, 657) Nous voici justifiés. Une recherche sur la genèse du texte valéryen, sur sa production (le faire), passe nécessairement par Narcisse, par cette aperception de soi … Voir la suiteNarcissus Poeticus

« Du divin et des dieux », Recherches sur le Peri tôn tou theou, Franz Johansson et al., Peter Lang éd., Frankfurt am Main, 2014

Ce n’est peut-être pas par hasard que le dessin de Valéry au bord de l’élégante couverture de l’ouvrage intitulé « Du divin et des dieux », Recherches sur le Peri tôn tou theou de Paul Valéry donne à voir un paysage à la Chirico qu’un œil, sur la gauche, regarde de biais. Car le dossier, dont … Voir la suite« Du divin et des dieux », Recherches sur le Peri tôn tou theou, Franz Johansson et al., Peter Lang éd., Frankfurt am Main, 2014

Sentir, imaginer, abstraire : éléments d’une théorie de la connaissance dans les premiers Cahiers de Paul Valéry

Les Cahiers de Valéry commencent en 1894 pour s’achever à la veille de sa mort, en 1945. L’importance de l’œuvre (29 tomes d’environ 1 000 pages chacun, éd. CNRS) n’est plus à démontrer. Jamais interrompus, ils portent témoignage de la réflexion permanente d’un esprit désireux de saisir les mécanismes de son propre fonctionnement. Considérés par … Voir la suiteSentir, imaginer, abstraire : éléments d’une théorie de la connaissance dans les premiers Cahiers de Paul Valéry

L’image chez Valéry

Du voyage en ballon au saut à l’élastique Rendre raison d’abord de ce sous-titre un peu énigmatique : on aurait pu le croire postchronique, mais avec l’Australien Steve Fossett, le voyage en ballon revint dans l’actualité ; il serait prochronique, avec le saut à l’élastique, si mon attrait était moins pour le vide que pour … Voir la suiteL’image chez Valéry

De Valéry à Genette

« L’esthétique ? Elle se croyait universelle ; mais, au contraire, elle était merveilleusement soi” (Paul Valéry).» Dans le premier temps de mon propos, je voudrais montrer, en suivant les premières pages du Discours sur l’esthétique, prononcé par Valéry en 1937, que nous ne sommes pas totalement éloignés, aujourd’hui, des problématiques et des interrogations que … Voir la suiteDe Valéry à Genette

Valéry et les mots

« Ma plus grande distraction fut de parler, faire des mots — à 6 ans »[0] La conception valéryenne du mot, nous semble proche, au moins au départ, de la position mallarméenne, telle qu’elle est exprimée dans « L’Essai sur Mallarmé » (voir Cahiers, II, 275 sq.), contemporain du cahier Tabulae, datant donc de 1897-1899. … Voir la suiteValéry et les mots

Valéry, Wittgenstein et la philosophie

« Je substituerais à toute la « philosophie » une recherche sur le langage ». Valéry, Cahiers XXVI. 627. « En lieu et place de la turbulence des hypothèses et des explications, nous voulons instaurer le calme examen des faits de langage ». Wittgenstein, Fiches, § 447. Je voudrais essayer de tenter un parallèle entre deux auteurs contemporains qui, sans être connus, paraissent avoir … Voir la suiteValéry, Wittgenstein et la philosophie

L’animal à énigmes

Le premier souci de Nietzsche a été généalogique. Il commence sa réflexion philosophique par des problèmes de naissance. Il ouvre la Naissance de la Tragédie sur la promesse d’un progrès décisif en esthétique permis par « l’intuition que l’évolution de l’art est liée à la dualité complice de l’apollinien et du dionysiaque », insistant et précisant aussitôt … Voir la suiteL’animal à énigmes

L’éternel retour

Si nous exceptons une obscure allusion faite dans La Naissance de la Tragédie, à la résurrection d’un troisième Dionysos[1], si nous remarquons combien l’étrange double effet d’horreur et de joie mêlées, ressenti par Héraclite à la révélation du devenir éternel[2] anticipe d’étonnante façon l’effet que provoquera sur Zarathoustra, la révélation de l’Éternel Retour, il nous … Voir la suiteL’éternel retour

Nietzsche entre le satyre et Socrate

Nietzsche au commencement de son œuvre est pris entre deux figures inversées, – deux images – spectacles, deux « visions » que suscite en lui le dieu visionnaire Apollon sous l’emprise de l’ivresse dionysiaque : entre l’image du « satyre », pur débordement de sensibilité, de sensualité, de l’homme en plein accord avec ses instincts – être purement « démonique », bête … Voir la suiteNietzsche entre le satyre et Socrate

Jusqu’au Zarathoustra (éléments biographiques)

Nietzsche naquit « comme plante près d’un cimetière », en tout cas dans un presbytère, où son père était pasteur, en Prusse à Röcken, le 15 octobre 1844. Sa mère, Franziska Oehler, est fille de pasteur. Mais plus que de ce lignage de pasteurs allemands, Nietzsche s’honora d’improbables ascendants polonais. Son père Karl Ludwig fut, quelque temps, … Voir la suiteJusqu’au Zarathoustra (éléments biographiques)

Nietzsche et sa vocation musicale

Le démon de la musique vient visiter Nietzsche à des moments particulièrement pathétiques et créateurs. Il compose la Sylvester-Nacht et la Manfred-Meditation après la Naissance de la Tragédie, et l’Hymne à la Vie après le Zarathoustra, en quelque sorte par surcroît, aux instants d’intense créativité pour doubler les œuvres poétiques et comme les recouvrir d’une … Voir la suiteNietzsche et sa vocation musicale

Pourquoi Baubô a-t-elle fait rire Déméter ?

C’est Nietzsche qui m’a fait rencontrer Baubô. Il en a parlé une seule fois, à la fin de la préface composée en 1886 pour la deuxième édition du Gai Savoir. Mais quand il rassembla les pièces du dossier Nietzsche contre Wagner, le dernier ouvrage dont il aura préparé la parution, il prélèvera ce même passage … Voir la suitePourquoi Baubô a-t-elle fait rire Déméter ?

Nietzsche et la religion

L’exemple le plus élaboré de la méthode généalogique de Nietzsche est celui qui se propose précisément de déceler la racine religieuse de la maladie moderne. Qu’est-ce qui s’est passé pour que la vie soit ainsi dévaluée et devenue malade ? On a le résultat de deux opérations : une opération de dénaturation et une opération de falsification … Voir la suiteNietzsche et la religion