Philosophes

Nietzsche et la religion

Par : 
Monique Broc-Lapeyre

L’exemple le plus élaboré de la méthode généalogique de Nietzsche est celui qui se propose précisément de déceler la racine religieuse de la maladie moderne. Qu’est-ce qui s’est passé pour que la vie soit ainsi dévaluée et devenue malade ? On a le résultat de deux opérations : une opération de dénaturation et une opération de falsification de l’histoire.

Nietzsche et sa vocation musicale

Par : 
Monique Broc-Lapeyre

Le démon de la musique vient visiter Nietzsche à des moments particulièrement pathétiques et créateurs. Il compose la Sylvester-Nacht et la Manfred-Meditation après la Naissance de la Tragédie, et l’Hymne à la Vie après le Zarathoustra, en quelque sorte par surcroît, aux instants d’intense créativité pour doubler les œuvres poétiques et comme les recouvrir d’une autre voix.

Sentir, imaginer, abstraire : éléments d’une théorie de la connaissance dans les premiers Cahiers de Paul Valéry

Par : 
Régine Pietra

Les Cahiers de Valéry commencent en 1894 pour s’achever à la veille de sa mort, en 1945. L’importance de l’œuvre (29 tomes d’environ 1 000 pages chacun, éd. CNRS) n’est plus à démontrer. Jamais interrompus, ils portent témoignage de la réflexion permanente d’un esprit désireux de saisir les mécanismes de son propre fonctionnement.

Nietzsche et le Vautour (Wagner)

Par : 
Monique Broc-Lapeyre

 En ces temps heureux, Nietzsche, jeune professeur enseignant la philologie à Bâle, a le grand bonheur d’aller souvent comme invité près de Lucerne où s’est réfugié le couple Wagner-Cosima. Il a accepté avec joie d’être le commissionnaire empressé de Bâle à Tribschen et de corriger les épreuves de l’autobiographie du maître que Cosima, vouée elle aussi, au culte de Dionysos, écrit sous la dictée.

Nietzsche entre le satyre et Socrate

Par : 
Monique Broc-Lapeyre

Nietzsche au commencement de son œuvre est pris entre deux figures inversées, - deux images – spectacles, deux « visions » que suscite en lui le dieu visionnaire Apollon sous l’emprise de l’ivresse dionysiaque : entre l’image du « satyre », pur débordement de sensibilité, de sensualité, de l’homme en plein accord avec ses instincts – être purement « démonique », bête et dieu à la fois, spontanément à l’unisson av

Narcissus Poeticus

Par : 
Regine Pietra

NARCISSUS POETICUS[1] 

C’est le faire qui est l’ouvrage, l’objet, à mes yeux, capital, puisque la chose faite n’est plus que l’œuvre d’autrui.
Cela est du Narcisse tout pur. 
(C, XII, 657)

Caillois et Valéry

Par : 
Regine Pietra

Il y eut peu (ou pas ?) de rapports directs entre Valéry et Caillois. Les deux hommes auraient pu se croiser – disons entre 1933 et 1939 - mais les probabilités d’un échange qui aurait compté pour le plus jeune (Valéry a 42 ans de plus) restent minimes.

L'éternel retour

Par : 
Monique Broc-Lapeyre

Si nous exceptons une obscure allusion faite dans La Naissance de la Tragédie, à la résurrection d’un troisième Dionysos[1], si nous remarquons combien l’étrange double effet d’horreur et de joie mêlées, ressenti par Héraclite à la révélation du devenir éternel[2] anticipe d’étonnante façon l’effet que provoquera sur

De l’éristique à la sous-conversation

Par : 
Regine Pietra

Le titre de cet exposé m’a été suggéré par ce passage des Cahiers Je retourne à l’idée, demi-souvenir – demi-projet - d’une conversation avec le semblable très semblable ; poussée, un soir favorable, aussi loin que ce serait possible. (…) C’est un mélange de haine et d’amour, une intimité sans merci, - avec une croissance de divination mutuelle, d’approximation, une fureur d’aller plus vite et plus à fond de l’adversaire cher, que lui.

Nietzsche et Wagner

Par : 
Monique Broc-Lapeyre

Wagner a été la passion exclusive et dévorante de Nietzsche. Son formidable effort pour faire de lui un adversaire, c’était pour pouvoir naître à lui-même, récupérer son âme et son corps ravis par le Minotaure. A cet égard, la figure énigmatique d’Ariane, apparue à plusieurs reprises dans les posthumes, toujours liée à Dionysos défie les interprétations.

Nietzsche et Parménide

Par : 
Monique Broc-Lapeyre

Parménide suscite de la part de Nietzsche une intensité de réaction tout à fait étonnante. Nietzsche présente Parménide dans un portrait qui fait contraste avec celui d’Héraclite. Parménide, c’est l’autre d’Héraclite, l’opposé, l’ennemi.

Le serpent chez Nietzsche

Par : 
Monique Broc-Lapeyre

Peu à peu monte en Nietzsche, une voix qui était d’abord timide, étouffée, inavouée dans les premiers poèmes, la voix poétique qui va atteindre son acmé avec le Zarathoustra. Or nous voudrions suivre sur une métaphore privilégiée celle du serpent, ce parcours sinueux qui prend forme d’abord avec la réflexion de Nietzsche sur la rhétorique et qui se poursuit dans l’œuvre poétique à proprement parler, dans laquelle le serpent est une figure majeure.

« L’IDÉE FIXE » OU LE MAL DE TESTE « Si l’on se taisait, ce qui parle à présent dans l’air, parlerait dans …l’homme… Dirait, peut-être, d’autres choses…»

Par : 
Regine Pietra

 « L’IDÉE FIXE » OU LE MAL DE TESTE[1] « Si l’on se taisait, ce qui parle à présent dans l’air, parlerait dans …l’homme… Dirait, peut-être, d’autres choses…[2] »

Étude génétique des dossiers concernant le rêve et le sommeil

Par : 
Regine Pietra

Après avoir traité du problème de l’attention et de celui du temps, il nous a semblé pertinent, toujours dans la perspective qui est la nôtre, - à savoir celle d’une étude génétique des documents valéryens qui appartiennent approximativement aux années 1906-1911, - d’aborder les thématiques qui gravitent autour du rêve et du sommeil.

« Ce qui m’intéresse le plus n’est pas du tout ce qui m’importe le plus » (OE, II, 1521).

Par : 
Régine Pietra

Rien d’étonnant, de prime abord, dans cette confidence pour qui connaît la pensée valéryenne : distinction entre ce qui est l’objet d’une séduction, intérêt souvent ponctuel et, comme tel, susceptible de s’évanouir, et ce qui a fait l’objet de recherches constantes, « travail de Pénélope » (C, XII, 606) centré sur la volonté de comprendre ce qu’il en est du fonctionnement de l’esprit.

La Philosophie et ses images : "Sage comme une image", Régine Pietra, éditions du Félin, 213 p., 1992.

Par : 
Monique Broc-Lapeyre

La philosophie a belle figure dans le livre de Régine Pietra, Sage comme une image, paru aux éditions du Félin. La tête de Socrate qui orne la page de couverture porte nettement la marque de la sensibilité contemporaine. Appuyé sur deux rectangles jaune et violet joliment décalés, ce Socrate n'a plus rien d'un Silène.

La sophistique dans l'Antiquité : Grèce, Inde, Chine

Par : 
Régine Pietra

 « Hippias appelle les deux continents, Asie et Europe : fille d’Océan », Eusthate[1] Il m’a paru intéressant de réfléchir sur un phénomène, qui, au même moment, disons entre le IV ͤ et le II ͤ siècle avant J. C., se déroule en Grèce, nous le savons, mais aussi en Inde et en Chine. La diversité des contextes ne fait pas de doute.

Dionysos philosophos

Par : 
Monique Broc-Lapeyre

En passant de la Naissance de la Tragédie, à Humain trop humain, on voit Nietzsche renverser radicalement son interprétation des relations musique-poésie, et ne plus considérer que le sens totalement contenu dans la musique puisse venir d’elle au poème, mais à l’inverse, décider que c’est à la suite de leur longue coexistence, que le sens est passé de la poésie à la musique seule.

Valéry et les mots

Par : 
Régine Pietra

« Ma plus grande distraction fut de parler, faire des mots — à 6 ans »[0] La conception valéryenne du mot, nous semble proche, au moins au départ, de la position mallarméenne, telle qu’elle est exprimée dans « L’Essai sur Mallarmé » (voir Cahiers, II, 275 sq.), contemporain du cahier Tabulae, datant donc de 1897-1899.

Hommage à Gilles Deleuze

Par : 
Monique Broc-Lapeyre

Nous ne sommes pas réunis aujourd’hui pour parler de Gilles Deleuze parce qu’il est mort et encore moins pour parler de sa mort (parce que cette mort nous laisse sans voix face à un mur encore impossible à traverser et parce que le bruit du corps en tombant a été recouvert par l’immense clameur provoquée ce jour-là par l’assassinat d’Itzhak Rabin) mais parce que nous l’aimons et qu’il a mis en pleine clarté combien la philosophie était une affaire entre am

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