Paul Valéry

Sentir, imaginer, abstraire : éléments d’une théorie de la connaissance dans les premiers Cahiers de Paul Valéry

Par : 
Régine Pietra

Les Cahiers de Valéry commencent en 1894 pour s’achever à la veille de sa mort, en 1945. L’importance de l’œuvre (29 tomes d’environ 1 000 pages chacun, éd. CNRS) n’est plus à démontrer. Jamais interrompus, ils portent témoignage de la réflexion permanente d’un esprit désireux de saisir les mécanismes de son propre fonctionnement.

Narcissus Poeticus

Par : 
Regine Pietra

NARCISSUS POETICUS[1] 

C’est le faire qui est l’ouvrage, l’objet, à mes yeux, capital, puisque la chose faite n’est plus que l’œuvre d’autrui.
Cela est du Narcisse tout pur. 
(C, XII, 657)

Caillois et Valéry

Par : 
Regine Pietra

Il y eut peu (ou pas ?) de rapports directs entre Valéry et Caillois. Les deux hommes auraient pu se croiser – disons entre 1933 et 1939 - mais les probabilités d’un échange qui aurait compté pour le plus jeune (Valéry a 42 ans de plus) restent minimes.

De l’éristique à la sous-conversation

Par : 
Regine Pietra

Le titre de cet exposé m’a été suggéré par ce passage des Cahiers Je retourne à l’idée, demi-souvenir – demi-projet - d’une conversation avec le semblable très semblable ; poussée, un soir favorable, aussi loin que ce serait possible. (…) C’est un mélange de haine et d’amour, une intimité sans merci, - avec une croissance de divination mutuelle, d’approximation, une fureur d’aller plus vite et plus à fond de l’adversaire cher, que lui.

« L’IDÉE FIXE » OU LE MAL DE TESTE « Si l’on se taisait, ce qui parle à présent dans l’air, parlerait dans …l’homme… Dirait, peut-être, d’autres choses…»

Par : 
Regine Pietra

 « L’IDÉE FIXE » OU LE MAL DE TESTE[1] « Si l’on se taisait, ce qui parle à présent dans l’air, parlerait dans …l’homme… Dirait, peut-être, d’autres choses…[2] »

Étude génétique des dossiers concernant le rêve et le sommeil

Par : 
Regine Pietra

Après avoir traité du problème de l’attention et de celui du temps, il nous a semblé pertinent, toujours dans la perspective qui est la nôtre, - à savoir celle d’une étude génétique des documents valéryens qui appartiennent approximativement aux années 1906-1911, - d’aborder les thématiques qui gravitent autour du rêve et du sommeil.

« Ce qui m’intéresse le plus n’est pas du tout ce qui m’importe le plus » (OE, II, 1521).

Par : 
Régine Pietra

Rien d’étonnant, de prime abord, dans cette confidence pour qui connaît la pensée valéryenne : distinction entre ce qui est l’objet d’une séduction, intérêt souvent ponctuel et, comme tel, susceptible de s’évanouir, et ce qui a fait l’objet de recherches constantes, « travail de Pénélope » (C, XII, 606) centré sur la volonté de comprendre ce qu’il en est du fonctionnement de l’esprit.

Valéry et les mots

Par : 
Régine Pietra

« Ma plus grande distraction fut de parler, faire des mots — à 6 ans »[0] La conception valéryenne du mot, nous semble proche, au moins au départ, de la position mallarméenne, telle qu’elle est exprimée dans « L’Essai sur Mallarmé » (voir Cahiers, II, 275 sq.), contemporain du cahier Tabulae, datant donc de 1897-1899.

L'image chez Valéry

Par : 
Régine Pietra

Du voyage en ballon au saut à l’élastique
Rendre raison d'abord de ce sous-titre un peu énigmatique : on aurait pu le croire postchronique, mais avec l'Australien Steve Fossett, le voyage en ballon revint dans l'actualité ; il serait prochronique, avec le saut à l'élastique, si mon attrait était moins pour le vide que pour la notion d'élasticité, importante aux yeux de Valéry.

« Du divin et des dieux », Recherches sur le Peri tôn tou theou, Franz Johansson et al., Peter Lang éd., Frankfurt am Main, 2014

Par : 
Régine Pietra

Ce n’est peut-être pas par hasard que le dessin de Valéry au bord de l’élégante couverture de l’ouvrage intitulé « Du divin et des dieux », Recherches sur le Peri tôn tou theou de Paul Valéry donne à voir un paysage à la Chirico qu’un œil, sur la gauche, regarde de biais. Car le dossier, dont il s’agit, met en jeu une multiplicité de regards.