Nietzsche

Nietzsche et la religion

Par : 
Monique Broc-Lapeyre

L’exemple le plus élaboré de la méthode généalogique de Nietzsche est celui qui se propose précisément de déceler la racine religieuse de la maladie moderne. Qu’est-ce qui s’est passé pour que la vie soit ainsi dévaluée et devenue malade ? On a le résultat de deux opérations : une opération de dénaturation et une opération de falsification de l’histoire.

Nietzsche et sa vocation musicale

Par : 
Monique Broc-Lapeyre

Le démon de la musique vient visiter Nietzsche à des moments particulièrement pathétiques et créateurs. Il compose la Sylvester-Nacht et la Manfred-Meditation après la Naissance de la Tragédie, et l’Hymne à la Vie après le Zarathoustra, en quelque sorte par surcroît, aux instants d’intense créativité pour doubler les œuvres poétiques et comme les recouvrir d’une autre voix.

Nietzsche et le Vautour (Wagner)

Par : 
Monique Broc-Lapeyre

 En ces temps heureux, Nietzsche, jeune professeur enseignant la philologie à Bâle, a le grand bonheur d’aller souvent comme invité près de Lucerne où s’est réfugié le couple Wagner-Cosima. Il a accepté avec joie d’être le commissionnaire empressé de Bâle à Tribschen et de corriger les épreuves de l’autobiographie du maître que Cosima, vouée elle aussi, au culte de Dionysos, écrit sous la dictée.

Nietzsche entre le satyre et Socrate

Par : 
Monique Broc-Lapeyre

Nietzsche au commencement de son œuvre est pris entre deux figures inversées, - deux images – spectacles, deux « visions » que suscite en lui le dieu visionnaire Apollon sous l’emprise de l’ivresse dionysiaque : entre l’image du « satyre », pur débordement de sensibilité, de sensualité, de l’homme en plein accord avec ses instincts – être purement « démonique », bête et dieu à la fois, spontanément à l’unisson av

L'éternel retour

Par : 
Monique Broc-Lapeyre

Si nous exceptons une obscure allusion faite dans La Naissance de la Tragédie, à la résurrection d’un troisième Dionysos[1], si nous remarquons combien l’étrange double effet d’horreur et de joie mêlées, ressenti par Héraclite à la révélation du devenir éternel[2] anticipe d’étonnante façon l’effet que provoquera sur

Nietzsche et Wagner

Par : 
Monique Broc-Lapeyre

Wagner a été la passion exclusive et dévorante de Nietzsche. Son formidable effort pour faire de lui un adversaire, c’était pour pouvoir naître à lui-même, récupérer son âme et son corps ravis par le Minotaure. A cet égard, la figure énigmatique d’Ariane, apparue à plusieurs reprises dans les posthumes, toujours liée à Dionysos défie les interprétations.

Nietzsche et Parménide

Par : 
Monique Broc-Lapeyre

Parménide suscite de la part de Nietzsche une intensité de réaction tout à fait étonnante. Nietzsche présente Parménide dans un portrait qui fait contraste avec celui d’Héraclite. Parménide, c’est l’autre d’Héraclite, l’opposé, l’ennemi.

Le serpent chez Nietzsche

Par : 
Monique Broc-Lapeyre

Peu à peu monte en Nietzsche, une voix qui était d’abord timide, étouffée, inavouée dans les premiers poèmes, la voix poétique qui va atteindre son acmé avec le Zarathoustra. Or nous voudrions suivre sur une métaphore privilégiée celle du serpent, ce parcours sinueux qui prend forme d’abord avec la réflexion de Nietzsche sur la rhétorique et qui se poursuit dans l’œuvre poétique à proprement parler, dans laquelle le serpent est une figure majeure.

Dionysos philosophos

Par : 
Monique Broc-Lapeyre

En passant de la Naissance de la Tragédie, à Humain trop humain, on voit Nietzsche renverser radicalement son interprétation des relations musique-poésie, et ne plus considérer que le sens totalement contenu dans la musique puisse venir d’elle au poème, mais à l’inverse, décider que c’est à la suite de leur longue coexistence, que le sens est passé de la poésie à la musique seule.

Nietzsche et Spinoza

Par : 
Monique Broc-Lapeyre

Nietzsche ne connaîtra Spinoza que par le livre de Kuno Fischer qu'il se fait envoyer sous l'emprise d'une soudaine inspiration, à Sils Maria en juillet 1881. Depuis lors, Spinoza représentera pour lui, la figure emblématique du philosophe .Bien mieux que Parménide et plus encore que Kant, ce sera la grande araignée philosophique.

Nietzsche et la musique de Wagner

Par : 
Monique Broc-Lapeyre

Il ne s’agit pas pour Nietzsche de dénier l’extraordinaire pouvoir de Wagner, mais il est vital pour Nietzsche de pouvoir le dépasser, s’en distancer. Mieux, il faudrait  pouvoir en percer le secret, s’emparer de la formule du tout-puissant enchanteur. Pour Nietzsche incontestablement l’espoir mis en Peter Gast est de cet ordre. Peter Gast n’est pas un anti-Wagner, comme on pourrait le croire.

Nietzsche et Parsifal

Par : 
Monique Broc-Lapeyre

Nietzsche a longtemps différé l’écoute de Parsifal. Bien sûr, il n’est pas allé à Bayreuth. Car si l’envoi de Parsifal a sonné comme le cliquetis de l’épée de Wagner croisant celle d’Humain trop humain, dans un duel, il ne s’agit encore que du livret. Mais Nietzsche qui n’a déjà pas pu supporter les représentations de la Tétralogie, imagine le pire quand Parsifal sera mis en scène.

Pourquoi Baubô a-t-elle fait rire Déméter ?

Par : 
Monique Broc-Lapeyre

 C’est Nietzsche qui m’a fait rencontrer Baubô. Il en a parlé une seule fois, à la fin de la préface composée en 1886 pour la deuxième édition du Gai Savoir. Mais quand il rassembla les pièces du dossier Nietzsche contre Wagner, le dernier ouvrage dont il aura préparé la parution, il prélèvera ce même passage comme pour en constituer l’épilogue.

Nietzsche et la pensée du Double

Par : 
Monique Broc-Lapeyre

 Toute la pensée de Nietzsche tourne autour du double. Toujours vient s’insinuer ce Même qui est l’Autre, cet Autre qui est le Même, ce moment de vertige qui saisit quand on est au plus près de l’insondable différence, de cet écart irréductible de la non-coïncidence, de l’imperceptible décalage.

Simone Weil et son refus de Nietzsche

Par : 
Monique Broc-Lapeyre

Il semble que Simone Weil ne se soit prononcée qu’une seule fois sur Nietzsche et son jugement sur lui ne nous est connu que grâce à la publication d’extraits et de brouillons de lettres à son frère André Weil en janvier-avril 1940, recueillis dans le volume Sur la science (Gallimard, 1966). Mais qu’on ne se méprenne pas, les lettres à son frère étaient soigneusement élaborées, pesées, recommencées.

"Le désert croît"

Par : 
Monique Broc-Lapeyre

Il y a dans le Zarathoustra une discrète présence du désert en des moments très contrastés de la pensée nietzschéenne. Ce désert n’est en aucune manière figuré, situé ; jamais décrit, il ne suscite aucun imaginaire. Quelques rares mots égrenés dans tout le poème sont à peine des repères : chameaux, tigres, palmiers, serpents à sonnette, oasis.

Philosopher avec tout son corps : parle à mon corps, ma tête est malade

Par : 
Monique Broc-Lapeyre

A tant parler du corps, à tant vouloir penser à lui, c’est bien sûr le désigner en même temps comme absent, comme perdu, mais c’est aussi espérer pouvoir le sauver comme les espèces animales en voie de disparition, c’est aussi l’inscrire dans une problématique du salut, c’est-à-dire des voeux pieux, autrement dit du religieux, car il ne faut pas oublier qu’avec la religion, il s’agit essentiellement de relie