Le goût à rien

-A +A
Par : 
Monique Broc-Lapeyre

Dissiper aussitôt un attendu rendu possible par une écoute analytique qui ferait entendre un goût “aryen” dans une perspective néonazie réactivée par les querelles concernant Nietzsche.
S’interroger plutôt sur l’effet séduisant produit par le titre bien entendu cette fois et le dire provoqué par le contraste brutal avec ce que propose le thème du colloque[1] puisqu’il fait tout chuter d’un coup, les goûts, les couleurs et leur disputatio, suscitant l’envie d’entendre parler de l’absence d’envie et d’évoquer le goût pour lui retirer précisément ce qui le colorerait, le faisant juste surgir pour l’anéantir.

Par-delà l’effroi que peut suggérer cette insidieuse menace de mort qu’est l’état dépressif de n’avoir de goût à rien auquel de graves traumatismes ou des maladies dégénératives conduisent une existence désaffectée, ce qui plaît aussitôt dans cette expression, c’est cette radicale suppression ou tout au moins suspension de l’infinie diversité des propositions de choses à apprécier. D’un seul coup, d’un seul, au lieu d’avoir à suggérer le foisonnement, l’exubérance, la luxuriance, la richesse indénombrable de tout ce qui est à voir, à sentir, à entendre, à toucher, à savourer, elle fait place au désert, à l’absence systématique, à la complète indifférence. Cette façon de convoquer le goût à son auto-suppression attire comme le vide après la profusion.

Car le goût à rien ne peut pas être premier, il ne peut jamais être donné d’abord, ni commencer quoi que ce soit, il faut forcément , avec lui, en finir. Ce ne peut être qu’un aboutissement, le terme d’un excès, d’un trop plein désabusé, l’arrivée de la panne dans une sensibilité exagérément sollicitée, saturée. A force de s’être adonné aux plaisirs, d’avoir touché à tout, l’esthète, le dilettante, revenu de tout, n’a plus de goût à rien. C’est l’état dépressif des sens émoussés, l’épuisement, l’incapacité à réagir, à s’émouvoir, quand on a tout essayé jusqu’à éprouver un dégoût généralisé et n’aspirer qu’à ne plus rien sentir, à se désensibiliser, à devenir sans réaction, mieux sans sensation.

Avoir été conduit à cette extrémité peut faire frémir. Cela suppose d’avoir passé la mesure, dépassé les seuils d’intensité supportable, de s’être bousillé les neuf trous, toutes les voies d’accès aux sensations jusqu’à ce que cela sorte par les yeux, par les narines, jusqu’à se faire vomir et s’être crevé les tympans, jusqu’au dégoût généralisé.

Mais le goût à rien n’a pas cette outrance, cette violence du dégoût. Il est beaucoup plus discret, plus dolent, plus neutre. Le goût à rien n’est pas le dégoût de tout. Il ne révulse pas, il repose. Car il fait apparaître, dans ce monde des diversités incompatibles, la possibilité de mettre tout le monde d’accord. Après les tempêtes, un monde étale, égalitaire où toute tentative pour prévaloir, pour se faire préférer, est passée au laminoir de l’indifférenciation. Finis les disputes, les désaccords, les entreprises fanatiques et cacophoniques pour faire partager et épouser ses choix. On entre ici dans la zone d’universelle équivalence où tout se vaut de ne rien valoir. Façon décisive et radicale de faire cesser toutes les querelles de préséance, en décrétant l’indigence généralisée.

Se pourrait-il que cet état de dégénérescence, d’indifférence puisse être envié, souhaité, proposé comme un idéal à atteindre, visant à la conquête d’une entière anesthésie ?

Il est vrai que les sagesses antiques prônant l’ataraxie, l’apatheia, louaient cette neutralisation comme un aboutissement, une finalité recherchée, mettant à l’abri des agressions et des secousses émotives, préservant la tranquillité d’une âme sur laquelle aucun événement ne peut plus avoir d’emprise. Maîtrise acquise par un entraînement à l’endurcissement, grâce à toutes sortes de méthodes d’insensibilisation.

A l’opposé de toutes les jouissances et souffrances exaltantes de la sensibilité exacerbée s’offre donc une souveraine équanimité hors d’atteinte.

  Dans l’univers chrétien, le goût à rien a pu être l’objet d’un dressage soigneusement mis au point par une éducation religieuse soucieuse de veiller à ce que les âmes ne se laissent pas appâter par les plaisirs corporels. L’art religieux chrétien devait célébrer les prestiges du monde et inciter dans le même temps à s’en détourner. Curieuse acrobatie que d’exhiber de séduisantes merveilles et de proposer simultanément leur dénigrement.

C’est ce processus pervers que Nietzsche dénonce dans la morale chrétienne qui révèle à l’homme ce qu’il peut faire pour lui signifier aussitôt qu’il ne le doit pas. Induire en tentation et en dissuader du même geste, c’est la névrose assurée, celle collective cependant dont Freud disait qu’elle préservait des névroses individuelles.

En peinture, c’est le résultat voulu de ces représentations qui furent nommées des “vanités”. Les tableaux présentent tous les insignes de la richesse et de la volupté avec les attraits les plus susceptibles de séduire mais aussi les indices de la déchéance future : bougie consumée et éteinte, coupe renversée et surtout ce motif prévalent de la tête de mort.

Une extraordinaire illustration de ce double bind, de cette invite contradictoire, est donnée par cet anonyme du XVIIe dans ce tableau d’une jeune femme scindée en deux parties le long d’un fil qui lui sort par le milieu de la tête, suspendue comme une marionnette par une main céleste tandis qu’une deuxième main, céleste elle aussi, s’apprête à le couper avec des ciseaux. Sa moitié gauche offre sa vivante beauté revêtue des plus riches atours, sur un décor d’intérieur luxueux où tout est installé pour la parure, tandis qu’à droite, son squelette apparaît où de lamentables lambeaux de chair et de gros vers pendent comme d’atroces ornements, sur fond de paysage désolé, d’arbre mort, de croix tombales, et d’arbustes secoués par un souffle terrifiant.

Cet art savant de l’ambivalence fait choc en éveillant le désir pour mieux le mortifier.

Mais n’y a-t-il pas un effet pervers de cette accession à une maîtrise intouchable ? En arriver à n’avoir plus de goût à rien peut devenir un objectif si puissant que ce goût à rien se transforme en goût du rien, opérant un renversement du négatif en affirmation positive, où le rien devient quelque chose qui l’emporte sur tout le reste. On pourrait parler alors d’une esthétique de l’anesthésie, propulsant le néant, le vide, le rien comme d’admirables absolus !

Comme l’a montré Nietzsche, dans son impossibilité à ne rien vouloir, la volonté se met à vouloir le rien et c’est la promotion du nihilisme !

Les artistes que la crise de l’art contemporain ne concerne pas vraiment, sont en revanche très sensibilisés à cette crise du goût et proposent alors à cette société n’ayant plus de goût à rien, d’exprimer cette absence même en la manifestant dans leurs productions. C’est ainsi que le rien peut inciter à en faire davantage.

Quand un artiste contemporain réussit à se tailler un beau succès parce qu’en présentant pour prestation une salle complètement vide, il a pensé que ce qui plaisait aux visiteurs, c’était l’occasion offerte à chacun de la remplir à son gré. Il est cependant bientôt poussé à creuser un trou dans cette salle de musée vide pour approfondir encore ce rien et ça change tout. Il y a plus que rien ou moins que rien. Raymond Devos a joué avec la virtuosité que l’on sait sur tous les sens de ce mot.. Il y a pire que rien. C’est la définition que Bataille donnait du cadavre.”Le cadavre est moins que rien et pire que rien.”. Que l’art soit mort, lui laisse quand même le grand avenir de toutes les formes de la putréfaction. La putréfaction devient d’ailleurs un sujet privilégié des représentations artistiques contemporaines. On ne peint plus de jolies fleurs mais les étapes de leur corruption, on ne montre plus des corps ou des visages mais des morceaux de viande, des humeurs, des sécrétions, des décompositions. C’est ce qui reste à la peinture pour retenir encore l’attention dans des salles de musée où les matériaux exposés sont tellement propres, lissés, aseptisés, hygiéniques.

 

L’idée surgit qu’une esthétique contemporaine d’ambition et de dimension cosmique qui s’efforce d’atteindre le moléculaire, l’élémentaire, les vibrations corpusculaires, les phénomènes ondulatoires en exténuant les formes dans lesquelles nos sens se délectaient, rejoint, dans son expérimentation radicale, les expériences des mystiques qui s’entraînaient à un dépassement des sens par leur dérèglement programmé.

Cette sortie de soi que pratiquent ces “artisans cosmiques” que sont certains artistes d’aujourd’hui évoque de façon saisissante l’énervement des sensations que décidaient les mystiques.

Aussi une réflexion philosophique peut suggérer un rapprochement entre mystique et esthétique comme voies d’accès à des états extrêmes.

Tous les philosophes ne développent pas une esthétique. (Spinoza par exemple) mais remarquons que tous ceux qui le font, la laissent toujours en chemin pour une plus haute destination. A commencer par Platon, et puis Kierkegaard, Schopenhauer, Bergson. Même pour Hegel, l’esthétique n’est pas l’étape définitive. Comme si tous ces philosophes artistes amoureux des plaisirs esthétiques se devaient de les déclarer des impasses s’ils retiennent d’accéder aux jouissances de purs esprits.

Chez les mystiques, l’exigence d’un radical dépassement des plaisirs des sens stimule leur franche détestation et provient d’une volonté farouche de leur complète destruction. Leur corps et ses sensations, support privilégié des jouissances et des souffrances physiques, va, par une mortification systématique, servir de tremplin aux ravissements métaphysiques. Il faut pour réussir à déconnecter définitivement ces inévitables aspirations de la nature humaine au bien-être et aux satisfactions les plus légitimes, mettre en œuvre un art consommé de privations, de frustrations délibérées, par une technique bien rodée d’évitement des plus élémentaires contentements et d’accueil aux pires désagréments. Mais cette volonté d’éradication totale de tous les plaisirs sensibles est constamment soutenue par l’obtention d’émotions extatiques d’une ampleur insoupçonnable.

Pourtant la gamme des plaisirs sensuels est infinie horizontalement. La multiplicité des saveurs, l’incroyable diversité des pâmoisons olfactives, les ravissements de l’oreille et le bonheur des yeux, sans compter les frémissements des caresses tactiles peuvent être renouvelés et raffinés dans une prolifération indéfinie. On n’aura jamais assez de toute une vie et de tous ses sens pour connaître une part infinitésimale de toutes ces jouissances offertes au goût. Ce terme de goût rassemble en effet sous sa domination les perceptions propres à chacun des cinq sens qu’il enveloppe. C’est ainsi qu’un homme de goût est censé avoir du goût en tout et pour tout.

La quête mystique va, dans cet océan de propositions de plaisirs des sens, se démarquer verticalement, par un déconditionnement systématique et têtu.

En ce qui concerne le goût, la démarche mystique peut se caractériser de deux façons :

Par la recherche délibérée de l’annulation du goût par le moyen du dégoût.

Dans la mortification des sens, il n’est pas seulement question de petites austérités qui ne font que rendre les passions plus vives. Cette méthode pouvait d’ailleurs être préconisée par les hédonistes pour au contraire donner toute leur saveur aux nourritures les plus simples comme Gide l’enseignait au Nathanaël des Nourritures terrestres. C’est l’organisation d’une mortification générale et sans interruption de tout ce qui peut faire plaisir et être désiré, jusqu’à une perte du goût.

Manger des herbes crues, boire dans une tête de mort, à même le plancher, en ramassant les miettes avec la langue est au programme des mortifications que s’est donné Louise de Bellère du Tronchay qui prit le nom de Louise du Néant, et les mercredis et vendredis, à l’hôpital où elle soignait les malades les plus répugnants, baiser et lécher les ulcères puants, si dégoûtée pourtant que le cœur lui en bondissait. Son directeur et confesseur raconte qu’”elle se faisait une si grande violence pour manger ce qu’elle rencontrait de plus sale et de plus dégoûtant que la nature qui en avait une extrême horreur s’y accoutuma enfin et y trouvait autant de goût qu’on en a à manger des viandes délicates.” (Louise du Néant, Jean Maillard, Ed. Jérôme Millon, 1987). Parmi les grandes mystiques qui rivalisèrent par les plus stupéfiantes inventions, Louise du Néant fut celle qui poussa le plus loin la recherche de l’abjection. Mais pour tous les mystiques, ainsi que l’explique Mme Guyon “Les sens sont des portes funestes par lesquelles les objets séducteurs entrent dans notre âme : il faut donc fermer ces portes, afin de donner lieu à la grâce de nous détromper des fausses maximes dans lesquelles nous avons vécu.”(Discours chrétiens et spirituels sur divers sujets qui regardent la vie intérieure, Paris, Libraires associés, 1790, p. 231).

L’autre caractéristique est ce qu’on pourrait appeler le goût du rien.

C’est pour atteindre Dieu, la seule voie possible.”N’être rien pour que Dieu soit tout à travers moi” Par cette formule, la philosophe et mystique contemporaine Simone Weil retrouve les accents mêmes des courants mystiques rhéno-flamands entraînant à une complète annihilation de soi-même délibérée, consciente. Telle cette injonction transmise par le cardinal Bérulle à une armée de directeurs de conscience : “Nous sommes un néant qui tend au néant, qui cherche le néant, qui s’occupe du néant, qui se contente du néant, qui se remplit du néant, et qui enfin se ruine et se détruit pour un néant. Au lieu que nous devons être un néant, à la vérité, car cela nous convient par nature, mais un néant en la main de Dieu, un néant destiné à Dieu, un néant référé à Dieu.”(Bérulle, Correspondance, III, p.314)

Aujourd’hui de telles mortifications sont inconcevables, si l’on excepte les régimes de famine que s’infligent les mannequins anorexiques et Nathanaël trouverait plus facilement un coca-cola qu’un verre d’eau fraîche et pure.

Mais la profusion obscène des sollicitations, la sursaturation imposées à nos sens par nos sociétés peuvent conduire à des abnégations aussi radicales que celles qu’exigeait la volonté d’un total dénuement. Pour être perpétuellement violenté par l’intrusion irrésistible de musiques imposées en toute circonstance, un écrivain musicien , grand amoureux de la musique, en arrive à la détestation de cette souffrance sonore et publie La haine de la musique (P.Quignard, Calmann-Lévy, 1996) qui tyrannise les corps, les rend captifs et sidérés, invoquant Maître Eckhart qui recommande la désertion devant toutes choses qui sonnent et prescrit :

« Entendre Dieu, c’est n’entendre rien.

N’entends rien.

Sépare-toi de la musique.

Deviens désert. Écoute le désert du son. » (p.267&268)

Cependant l’injonction sonore triomphe inexorablement chez les jeunes générations contraignant les parents à faire construire pour survivre des sas protégés à l’intérieur de leur propre demeure. Tous les appels à la raison sont inéluctablement pulvérisés par l’attrait irrésistible des éclaboussements de lumière et de sons qui font tressauter les jeunes corps pendant des heures lors des concerts de rock ou raves, dans une jouissance-souffrance qui soulage de tous les stress et frustrations de nos sociétés de contrôle.

Deux philosophes essentiels ont compris le lien vital qui rapproche esthétique et mystique, ce sont Schopenhauer et Bergson. Leur conception esthétique excédait l’art de leur temps et ne pouvait s’étayer sur lui. Il leur fallait trouver d’autres expérimentateurs que les artistes pour accéder à une plus totale libération du corps par des états extrêmes, ce furent les mystiques qui, à force d’ascèse, pouvaient sortir d’eux-mêmes et atteindre une issue définitive.

Schopenhauer et Bergson, tous deux exclusivement philosophes et de leur propre aveu, dépourvus de la moindre expérience mystique, se devaient par probité philosophique, de désigner les grands ascètes de toute religion, ayant renoncé à tout, comme les véritables maîtres du monde.

Mais aujourd’hui, leur esthétique trouverait son prolongement direct dans l’art contemporain lui-même, au moins dans certaines de ses manifestations, une façon d’expérimenter le monde qui prend le relais des mystiques et se défaisant des formes ordinaires de la représentation, révèle au-delà des choses, les forces élémentaires qui font être ces poussières de lumière et suscite par un renoncement aux grossièretés individualisées, une folle passion pour ces mouvements cosmiques qui nous constituent provisoirement.

Pour Schopenhauer, esthétique et mystique avaient en commun de libérer l’homme des tourments de la volonté. Le plaisir esthétique vient de ce que le sujet s’élevant à la pure contemplation des objets, affranchi de toute volonté, est complètement désindividualisé.”Nous en arrivons à croire”, écrit-il dans le livre III du Monde,” que ces objets seuls sont présents et que nous ne le sommes pas nous-mêmes ; dans cet état, nous sommes affranchis de notre triste moi ; nous sommes devenus complètement identiques avec les objets ; autant notre misère leur est étrangère, autant en de pareils moments elle le devient à nous-mêmes.” (Le Monde comme Volonté et comme Représentation, PUF, 1966, p. 256). Et Schopenhauer décrit ici ce que sera l’intuition pour Bergson. D’autre part, dans ce détachement de la volonté que vaut l’attitude esthétique, une hiérarchie est installée en fonction de la plus ou moins grande dépendance de chacun des cinq sens à la volonté. C’est ainsi que la vue est le seul sens qui n’affecte point directement la volonté.”La disparition de la lumière nous attriste immédiatement... Les couleurs excitent en nous une vive jouissance qui atteint son maximum lorsqu’elles sont transparentes. .Lorsqu’il s’agit de l’ouïe, ce n’est déjà plus la même chose : les sons peuvent provoquer directement une douleur... Le tact, en tant qu’il se confond avec le sentiment de notre unité corporelle, se trouve astreint plus étroitement encore à exercer son influence directe sur la volonté...cependant, il y a des sensations tactiles qui ne provoquent ni douleur ni volupté. Mais les odeurs sont toujours agréables ou désagréables ; les sensations de goût le sont encore d’une façon plus marquée. Ces deux derniers sens sont ceux qui se commettent le plus souvent avec la partie volontaire de notre être.” On comprend pourquoi ce sont ces deux sens qui seront délibérément les plus mortifiés dans l’ascèse mystique.

Ainsi le sentiment de délivrance procuré par l’art tient à ce qu’il fait accéder à l’oubli de soi, à la perte de son individualité propre. Mis cet oubli n’est que provisoire, ce n’est qu’un moment éphémère et seule l’ascèse mystique permettra la libération définitive par l’extinction de toute volonté personnelle.

Mais ce que ne pouvait pas l’attitude esthétique pour Schopenhauer tributaire de l’art de son temps et d’une conception platonicienne, l’esthétique contemporaine s’y emploie, menant jusqu’à ce salut suprême où le devenir -Dieu du mystique se transmue en devenir imperceptible de l’artiste.

 

 

Monique Broc-Lapeyre
Maître de conférences honoraire
Université Pierre Mendès France Grenoble

Monique.broc@wanadoo.fr

 

Cette communication a été publiée dans la revue Recherches sur la philosophie du langage, n° 20, Grenoble, 1998.

 

[1] Des goûts et des couleurs, , colloque international tenu à Grenoble les 16, 17, 18 septembre 1997, à Grenoble.,