Hommage à Gilles Deleuze

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Par : 
Monique Broc-Lapeyre

Nous ne sommes pas réunis aujourd’hui pour parler de Gilles Deleuze parce qu’il est mort et encore moins pour parler de sa mort (parce que cette mort nous laisse sans voix face à un mur encore impossible à traverser et parce que le bruit du corps en tombant a été recouvert par l’immense clameur provoquée ce jour-là par l’assassinat d’Itzhak Rabin) mais parce que nous l’aimons et qu’il a mis en pleine clarté combien la philosophie était une affaire entre amis, entre des amis qui avaient de l’amour pour la sagesse, qui n’étaient pas des sages, mais qui étaient tous les amants d’une essence, d’un concept et que cette position d’amis était la condition de possibilité de la pensée même (comme si le rapport à la pensée exigeait d’être dans une relation vitale à l’autre). Notre relation à Gilles Deleuze, l’ami philosophe, est vitale pour l’amour de la philosophie; toujours occupé à solliciter dans la pensée des forces, des puissances nouvelles, Gilles Deleuze est un fantastique stimulant pour les aventures étranges et compromettantes de la pensée.

        En effet, il y a un préjugé philosophique bien partagé et dénoncé par Gilles Deleuze à chaque occasion que de croire que penser est une opération naturelle, facile. En réalité, penser ne se fait que sous le coup d’un choc, d’une violence, d’une effraction. Car le naturel, c’est la torpeur de la bêtise. Ce qui force à penser, c’est la rencontre de gens (que l’on ne connaît pas forcément d’ailleurs) mais aussi de mouvements, d’idées, et cette rencontre ne peut être qu’un événement vécu, senti et qui rend perplexe. C’est la sensibilité qui est à l’origine de la pensée.

        Gilles Deleuze a rempli sa double tâche d’universitaire.

        - Il a fait des cours, beaucoup de cours pendant neuf ans dans les lycées de Province et à Paris, puis comme assistant à la Sorbonne, trois ans de 1957 à 1960 comme chargé d’enseignement pendant cinq ans à Lyon, puis comme professeur à Paris VIII-Vincennes pendant dix-huit ans, jusqu’en 88: cours tenus dans une atmosphère très particulière, dans des salles bourrées d’un public très hétérogène où se côtoyaient des personnalités, des étudiants et de doux dingues de tout acabit. Claire Parnet qui a suivi ses cours pendant 15 ans et qui était une amie de Gilles Deleuze a désiré à tout prix, laisser une trace, un témoignage de l’enseignement oral de Deleuze: c’est ce qui nous vaut de voir et d’entendre Deleuze au compte-gouttes pendant huit minutes, à la fin de l’émission Métropolis (une semaine sur deux) pour l’Abécédaire, alors que Deleuze avait toujours refusé toute exhibition médiatique. Le générique donne une image très juste (mais très rapide) de l’ambiance des cours de Deleuze à Vincennes.

        Dans le Monde de l’Education de janvier 96, un article porte sur la philosophie à la télévision. Des lycéens des deux terminales d’un lycée de banlieue parisienne réagissent sur les diverses émissions consacrées à la philosophie sur la Cinquième, Arte, TF1, Canal +. Leurs jugements sont impitoyables. De Deleuze, ils diront cependant quelque chose qui lui aurait plu: «ça fait vrai quand il parle».

        Il parlait toujours de cette voix douce qui semblait réserver les confidences murmurées, heureuses, joyeuses à chacun de ceux qui étaient présents pour l’écouter.

        - Son œuvre écrite est considérable. Elle porte d’abord sur les grands explorateurs de la pensée:

        - Sur Hume, Empirisme et Subjectivité; sur Nietzsche et Spinoza surtout; pour chacun d’eux, un grand et un petit livre (les petits non moins importants pourtant et extrêmement savoureux); un petit Kant aussi qu’il démonte et dénonce; un petit Bergson aussi, difficile et pourtant lumineux, Le Bergsonisme; plus tard, sur Leibniz, Le Pli, et, bien sûr, sur des philosophes dont il était plus que le contemporain, l’ami très proche, François Châtelet et Michel Foucault. Foucault et Deleuze s’appréciaient très fortement et chacun a écrit sur l’autre des textes essentiels.

        Ces grands philosophes, Deleuze ne les commente pas, il les déplie, il leur fait dire ce qu’ils n’avaient pas dit mais ce qui était impliqué par leurs textes. Il trace d’eux des portraits, des portraits mentaux, des portraits conceptuels, il les prolonge, les manipule, se sert d’eux, les devient.

        Parlant de son idéal quand il écrivait sur un auteur (non seulement sur des philosophes, mais aussi sur des écrivains: Proust, Lewis Carroll, Kafka), Deleuze nous dit dans Dialogues (p. 42): «Mon idéal quand j’écris sur un auteur, ce serait de ne rien écrire qui puisse l’affecter de tristesse ou, s’il est mort, qui le fasse pleurer dans sa tombe. Penser à l’auteur sur lequel on écrit, penser à lui si fort qu’il ne puisse plus être un objet, et qu’on ne puisse non plus s’identifier à lui. Eviter la double ignominie du savant et du familier. Rapporter à un auteur un peu de cette joie, de cette force, de cette vie amoureuse et politique, qu’il a su donner, inventer».

        Un envol solitaire dans deux livre énormes: 1) Différence et Répétition – (sa thèse –cette fois dans le registre de la Philosophie Générale). 2) Logique du sens.

        Puis il y eut une deuxième période avec les «livres polyphoniques», plus du tout universitaires ceux-là, fabriqués en collaboration avec le psychanalyste Félix Guattari. D’abord un livre écrit au moins à deux, - car comme chacun d’entre eux était plusieurs, cela faisait beaucoup de monde – où philosopher n’était plus du tout commenter les auteurs, capter leur parole, leur imposer des codes, mais parler à partir d’eux par affects, intensités, expériences: c’est l’Anti-Œdipe qui fit scandale, car c’était s’attaquer, au-delà de celle qui sévissait déjà dans l’histoire de la philosophie, à la plus grande entreprise d’interprétation, c’est-à-dire la psychanalyse qui faisait tomber ses grilles interprétatives sur tout ce qui était le Désir et toute production désirante, et ainsi les rabattait, les enfermait dans ses codes. Un grand courant d’air était nécessaire, et ce n’était pas seulement «un coup», un coup d’éclat, mais un véritable travail, longtemps continué, qui conduira huit années après, alors que les remous post 68 étaient tout à fait retombés, à la publication de cet autre ouvrage étonnant: Mille Plateaux (1980). Il s’agissait de véritablement instaurer un nouvel exercice de la pensée qui reléguait et refusait l’interprétation comme procédure oppressive, pour s’occuper d’expérimentation. La pensée devient «événement» qui se produit entre le travail de chacun, chacun alors disparaissant dans sa fonction , ou sa position d’auteur pour que soient produits des agencements machiniques de désir et des agencements collectifs d’énonciation qui permettent de tracer des lignes. Si Deleuze dit avoir passé son temps à écrire sur l’événement c’est parce qu’il ne croyait pas aux choses, qu’il avait tendance à les penser comme des ensembles de lignes à démêler et à recouper (n’aimant pas les points). L’idée de «faire le point» lui paraissait stupide. Ce n’est pas la ligne qui est entre deux, mais le point qui est au croisement de plusieurs lignes. Aussi bien ce qui compte, ce ne sont pas les débuts ni les fins mais le milieu. Ce qui est une façon de faire de la philosophie en changeant de plan.

        Au lieu du plan de transcendance – où la pensée se dresse verticalement comme un arbre qui est un plan d’organisation, qui développe des formes et forme des sujets, - qui est celui de la loi, passer sur un autre plan d’immanence, un plan de consistance où, pour ester dans le monde végétal, le modèle ne sera plus ordonné, hiérarchisé comme l’arbre verticalement, mais plutôt fourni par l’image du rhizome ( ce type de tige souterraine qui se ramifie et forme des concrétions en tubercules, comme pour les iris ou les pommes de terre, ou surtout la mauvaise herbe qui pousse partout où on ne l’attend pas, entre les plantes, entre les pierres, comme toujours débordante à force de sobriété et de simplicité), de tout ce qui se produit de façon imperceptible, à la fois immobile et à la vitesse absolue: cela construit un chemin qui n’a pas de commencement, ni de fin, qui ne conduit pas à une évolution, à un développement, mais dessine des tracés. On est moins dans l’histoire que dans la géographie, mieux dans la cartographie.

        Certes, il ne s’agit pas du tout de mépriser l’histoire, mais d’aborder aussi ce qui est anhistorique, transhistorique, où l’historique n’est qu’une séquence parmi d’autres, c’est-à-dire d’aborder ce qui est de l’ordre du devenir et, là encore, cela aura de grandes répercussions sur la façon de penser du sujet, à condition de comprendre le devenir au sens de l’expérience réellement faite, car le devenir a une réalité propre, un devenir où il ne s’agit pas d’une évolution mais d’une relation entre des réalités hétérogènes qui entrent en communication transversalement. C’est une véritable aventure, un voyage dans le fantastique au cœur de la plus banale réalité. Pour expérimenter ces devenirs, il s’agit d’ailleurs de ne pas trop bouger pour ne pas les effrayer. La façon qu’a Deleuze de voyager est de devenir nomade. Selon la définition de Toynbee (cf. Pourparlers p.188): «Les nomades, ce sont ceux qui ne bougent pas, ils deviennent nomades parce qu’ils refusent de s’en aller», car c’est alors, dirait Deleuze, qu’ils peuvent, tout en restant sur place, voire même dans leur chambre, devenir, devenir-femme, devenir-intense, devenir-animal, devenir-imperceptible.

        Cette insistance sur le devenir autre que soi pourrait faire penser qu’il y a urgence à dépasser, à modifier ce qu’on est, mais Deleuze ne parle pas du devenir dans la seule perspective du futur. Cette idée du devenir se relie tout autant à ce qui est devenu dans le sujet. Les choses, nous l’avons dit, comme les personnes d’ailleurs sont composées de lignes, ce sont des flux, des lignes en mouvement. Deleuze est en quelque sorte fasciné, intéressé par tout ce qui est moi sans moi, tout ce qui me traverse et relie, et tous ceux qui sont en moi. Si tant est qu’il faille expérimenter et non interpréter, les expériences sont des expériences intensives, de décentration, de ce qu’on pourrait appeler le soi non-moi, des expérimentations qui vont de l’avant, non fixées sur l’arrière et faites par le corps qui se défait de l’organisme, qui se désorganise jusqu’à retourner au point limite où toute forme s’engendre, des expérimentations qui cherchent à retrouver les forces qui agissent sous l’apparente constitution de l’individu en sujet, repérant ce qu’il désignera comme les individuations impersonnelles ou les singularités préindividuelles, saisissant le processus en train de se produire du côté des forces, de l’énergie. Par exemple, l’événement qu’exprime le verbe verdoyer avant que l’individu constitué comme substantif puisse être désigné comme être-vert, enveloppant alors dans un cercle de convergence ces processus impersonnels.

        Le moi constitué est en quelque sorte éteint, neutralisé, il doit pouvoir retrouver les forces plurielles qu’il est, et redevenir vibrant. Or les individus ne sont retournés aux mouvements de particules et de flux qu’ils émettent, ils ne peuvent atteindre le désir que lorsque le sujet est dessaisi du pouvoir de dire «je». Aussi faut-il mettre à jour les conditions qui rendent le désir possible, avant que les formes ne soient organisées et les sujets formés, c’est-à-dire les connexions qui s’établissent, s’agencent en deçà des identités.

        Un petit exemple à peine développé pour étayer ces propos. La psychanalyse a piégé le désir, l’a rabattu sur un code, une grille d’interprétation obligée. Deleuze et Guattari conçoivent une toute autre explication du désir dans une thèse la plus affirmative, positive, matérialiste qui soit, et nous font pénétrer dans les usines de l’inconscient où fonctionnent des machines désirantes. En effet le désir est envisagé comme un processus de production. C’est-à-dire que le désir ne concerne pas l’homme en tant qu’individu constitué, unifié; non plus que le désir, l’énergie libidinale n’est à rabattre dans le champ clos de la famille, sur les grandes figures parentales, alors que la famille est plutôt écran, obstacle pour le désir. Le désir n’est pas à comprendre à partir du sujet, de la personne, il fonctionne à un niveau inconscient, à condition de le penser au niveau pulsionnel, au stade moléculaire, microphysique. Car le désir n’est rien de proprement psychique, c’est une réalité d’ordre métaphysique, (mieux, extraphysique). Le meilleur modèle étant alors pour l’inconscient, le machinique. Le désir est production et ce qu’il produit est la réalité. Il faut en finir avec l’idée que le désir serait de l’ordre du rêve, de l’imaginaire, du fantasme, pas plus qu’il ne faut réduire le désir au besoin, le comprendre, comme on l’a toujours fait, comme un manque, le désir comme manque de ce qu’il n’a pas. Pour rencontrer le désir, la véritable échelle est bien en deçà de la totalité organique constituée, et il faut retourner à l’élémentaire, à la matérialité de désir, ce qui va conduire à remettre le sujet, la personne, le moi, à sa place dans un complexe machinique dont il n’est qu’une pièce parmi d’autres et encore une pièce adjacente. Ce qui produit l’énergie désirante, ce sont des machines microscopiques, machines à produire et à couper des flux d’énergie.

        Dans le processus de production du désir, on peut distinguer trois phases:

        1) D’abord la production elle-même, la production de production. Tout ce qui est, est machine qui produit d’autres machines qui sont en connexion entre elles. C’est en somme l’énergie libidinale de base, l’énergie universelle, le moteur de tout.

        2) Mais ce processus de production ensuite se distribue, se partage, se répartit, et pour cela est enregistré, étiqueté, inscrit au niveau moléculaire du désir. Les machines désirantes s’inscrivent sur un corps-supposé, un corps-surface, immanent appelé le CSO (le corps sans organe) qui rabat sur lui la production et se l’approprie magiquement comme s’il en était la cause. Comprenons que c’est une part de l’énergie libidinale, une part prélevée sur elle (numen) mais qui se donne, qui passe pour la cause de la production. C’est là que se situe le magique, le divin, la supposée matrice, l’origine. C’est en quelque sorte le point O indispensable au fonctionnement des machines désirantes, qui elles sont des mouvements d’intensités toujours positives. (CSO… sorte de limite, de point d’arrêt sur la surface duquel tout ce qui se produit, s’inscrit. Lui, est improductif.

        3) Enfin, cette énergie produite, cette énergie libidinale accumulée, puis répartie et inscrite, est aussi consommée. Ainsi l’énergie libérée par les intensités qui circulent autour du point O (le CSO qui les rabat) est en quelque sorte sentie, elle provoque des séries d’états vécus, d’émotions, de jouissances, de souffrances qui sont rapportées à un sujet comme à une unité supposée, inférée, conclue. Ainsi le sujet n’est pas du tout à l’origine, mais une pièce sur tout un circuit, qui est donné en quelque sorte en prime, émergeant du processus à son terme. Le sujet, c’est ce qui peut se découvrir dans le tracé d’une série d’états vécus, d’états émotionnels intenses qui le précèdent, fonctionnent d’abord sans lui et qui surgit comme un résidu, un reste.

        Il est cependant une autre réalité de même nature, fonctionnant aussi comme processus de production, mais cette fois à l’échelle macrophysique, au niveau qui sera dit molaire c’est-à-dire des grandes masses, des ensembles formés, grégarisés: c’est le social, la réalité sociale, les grandes machines sociales.

        Enfin troisième période dans la production de Deleuze où il s’agit de peinture (Logique de la sensation) avec un travail sur le peintre Francis Bacon et, surtout, de cinéma. Mais dit-il avec force, ce sont des livres de philosophie. Et certes quand on les a lus, on ne saurait en douter, d’autant qu’il y a là un étonnant dialogue avec un philosophe privilégié, Bergson, dont il actualise les thèses sur le mouvement , le temps (cf. Matière et Mémoire) de façon percutante. Deleuze, en effet, déploie les deux autres dimensions du concept, qu’il désigne comme percept et comme affect. «Les percepts n’étant pas des sentiments, mais des devenirs qui débordent celui qui passe par eux» (il devient autre). Et, pour Deleuze, ces concepts, percept et affect sont trois puissances inséparables qui vont incessamment de l’art à la philosophie et vice versa.

        Ces définitions sont extraites du livre Pourparlers, constitué d’articles, d’entretiens publiés dans des revues ou journaux divers (les Cahiers du cinéma, L’Autre journal, Libération, le Magazine Littéraire, etc.) et qui sont une bonne introduction à ses diverses thématiques. Reste mon livre préféré, Dialogues (avec Claire Parnet). Notons encore un curieux livre de D.H. Lawrence que G. et Fanny Deleuze préfaceront, livre qui a des parentés fortes avec L’Antéchrist de Nietzsche et où, Lawrence se demande comment Jean l’Evangéliste, (celui-là même que Jésus aimait) peut être l’auteur de ce livre de haine qu’est l’Apocalypse.

        Parmi toutes ses recherches et analyses, Deleuze dégage cette étrange conclusion de D.H Lawrence qui concernerait le «devoir aimer»: il y aurait deux formes d’aimer qui consistent, soit à tout donner, soit à tout prendre. Toutes deux sont aussi dévastatrices pour la part individuelle de soi-même. Car l’amour n’est pas l’âme universelle, il est ce qui fait de l’âme universelle un moi et un non-moi, c’est quelque chose à prendre ou à donner, qui veut aimer ou être aimé. C’est un sujet, ce n’est pas une véritable relation, c’est la petite lueur qui fait un sujet. Or ce qui est individuel, ce n’est pas le moi, c’est la relation. Cesser de se penser comme un moi pour se vivre comme un flux, un ensemble de flux, en rapport avec d’autres flux, hors de soi et en soi. Même la mort peut devenir un flux. La part inaliénable de soi quand on a cessé d’être un moi.

        Pour finir, cette citation de Deleuze parlant de Spinoza (Dialogues, p. 76): «Spinoza l’imperceptible, toujours au milieu, toujours en fuite même s’il ne bouge pas beaucoup, fuite par rapport à sa communauté juive, fuite par rapport aux Pouvoirs, fuite par rapport aux malades et aux venimeux. Il peut être lui-même malade et mourir; il sait que la mort n’est pas le but ni la fin, mais qu’il s’agit de passer sa vie à quelqu’un d’autre.» C’est ce dernier savoir que Deleuze nous confie maintenant.

        * Nous avons gardé à ce texte, qui a fait l’objet d’une conférence sollicitée par les étudiants de philosophie de l’Université Pierre Mendès France, son allure propre à l’oralité.
        Parution dans la revue de l'association étudiante APORIE, Mediocritas, avril-octobre 1996, n°2., 

 

Monique Broc-Lapeyre
Maître de conférences honoraire de philosophie
Université Pierre Mendès France Grenoble

monique.broc@wanadoo.fr